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Testing adaptatif en psychiatrie : des mesures plus courtes et plus précises – Philippe Golay

février 20 @ 1:00 - 2:00

Les tests psychométriques courts, précis et rapidement complétés sont très demandés en psychiatrie. Si les chercheurs essaient souvent de ne pas surcharger leurs patients, ils souhaitent néanmoins mesurer autant de variables que possible. Le temps n’est pas le seul problème : les patients peuvent être exposés à des items inadéquats (par exemple, des items auxquels il est trop facile ou trop difficile de répondre ou des items qui font référence à des symptômes trop légers ou trop graves par rapport à l’état du patient). Un clinicien expérimenté obtiendra de bien meilleurs résultats qu’un test psychométrique, car il utilisera son expertise et les réponses précédentes du patient pour sélectionner la question suivante optimale, et il évitera naturellement les questions inutiles. Les tests standardisés sur papier et crayon ne sont généralement pas aussi souples et sont le plus souvent administrés de manière linéaire. De telles évaluations peuvent fatiguer, démotiver ou même choquer les patients, ce qui pourrait éventuellement nuire à la validité de l’évaluation.

Les tests très courts, bien que très souhaitables, peuvent se révéler moins fidèles et moins sensibles. En effet, dans la théorie classique des tests, il existe une relation monotone entre le nombre d’items et la fidélité du score total du test. Dans le contexte de la recherche, lorsque les conclusions sont effectuées au niveau interindividuel, cela peut éventuellement être acceptable. Par exemple, lors de la comparaison de deux grands groupes d’individus, les erreurs aléatoires ont tendance à s’annuler. Les cliniciens sont confrontés à un défi différent : Ils doivent prendre des décisions sur la base du score d’un individu, et chaque score s’accompagne d’un niveau d’incertitude : l’erreur standard de mesure (SEM), qui est généralement représentée par des intervalles de confiance. Les intervalles de confiance sont inversement proportionnels à la fidélité du score du test. Avec un score de test peu fidèle, la plage de valeurs possibles pour le score réel peut rapidement devenir trop large pour permettre des décisions cliniques fiables (par exemple, le QI d’un patient estimé entre entre 65 et 135). Ainsi, bien qu’une mauvaise échelle de mesure puisse parfois suffire à tester différentes hypothèses au niveau du groupe, le même outil peut être inutile pour prendre des décisions au niveau individuel ou clinique.

Les tests adaptatifs (CAT) peuvent apporter une solution élégante à cet important compromis entre temps et précision. Le CAT est basé sur la théorie de la réponse aux items (IRT), qui tente de décrire ou d’expliquer les relations entre les traits psychologiques qui ne sont pas directement observables (variables latentes) et les réponses des patients aux tests (variables manifestes). Le CAT s’appuie sur les paramètres des items estimés via l’IRT et qui constituent une banque d’items. La différence est qu’avec le CAT, le test ne sera pas basé sur tous les items; il sera adapté en fonction des réponses à trois questions importantes: 1) Comment choisir un item pour commencer le test ? 2) Comment choisir le prochain item à administrer après avoir vu la réponse du patient à l’item actuel ? et 3) Comment savoir quand arrêter l’évaluation ?

Cette présentation présentera les principes du CAT et de l’IRT ainsi que des exemples basés sur l’évaluation de l’auto-stigmatisation ainsi que sur l’évaluation de la contrainte informelle perçue par les patients psychiatriques. L’évaluation du gain de temps et de précision sera aussi abordée.

Détails

Date :
février 20
Heure :
1:00 - 2:00
Site Web :
https://unil.zoom.us/j/92771796589

Organisateur

CARLA Lab (Passcode Zoom: carlalab22)
E-mail :
alessandro.giardina@unil.ch

Lieu

Geopolis 4314